[POSITIVONS] Carenews.com s'engage dans La France des Solutions

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[PODCAST] Samuel Grzybowski : «l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir»

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Nouveau Guide IDEAS : 90 bonnes pratiques pour aider les associations

Nouveau Guide IDEAS : 90 bonnes pratiques pour aider les associations

[ON Y ÉTAIT] FNAF 2019 : vers une co-construction territoriale et innovante

[ON Y ÉTAIT] FNAF 2019 : vers une co-construction territoriale et innovante

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[SHOPPING] Ethicall, des kits pour devenir zéro déchet

[SHOPPING] Ethicall, des kits pour devenir zéro déchet

Chaque vendredi, Carenews vous présente une idée de shopping solidaire. Cette semaine, nous vous parlons d’Ethicall. Cette jeune entreprise parisienne propose des kits permettant de se convertir facilement au zéro déchet, et de changer durablement ses habitudes de consommation. 

 

 

 

 

 

Des difficultés de changer sa manière de consommer

 

Selon le baromètre de l'économie positive et durable réalisé par YouGov pour Business Insider France, 70 % des Français·es se considèrent comme « éco-responsables ». Ils ne sont pourtant que 22 % à déclarer qu'ils évitent de consommer et d'acheter des produits superflus, et 20 % à favoriser une consommation de proximité ou à faire eux-mêmes leurs produits.

 

Parce qu’« agir au quotidien pour l'écologie n'est pas forcément naturel, facile ou accessible », Mathéa Pinot, une jeune cheffe de projet web, a créé Ethicall en janvier 2019. Sensibilisée à l’écologie, la parisienne raconte avoir pourtant eu du mal à changer sa manière de consommer, entre le greenwashing et une abondance d’informations plus ou moins claires sur le sujet. 

 

Mathéa Pinot a donc eu l’idée de kits 100 % éthiques et éco-responsables, pensés pour les personnes désireuses d’améliorer leur consommation sans en avoir le temps, et pour les novices. Charlottes couvre-plat, cotons réutilisables, gourde isotherme, savon noir… Les produits, également vendus au détail, sont assemblés dans des kits pour la salle de bain, la cuisine, l’entretien de l’habitat ou encore le quotidien. 

 

Des kits pédagogiques pour devenir des consommateurs engagés

 

Ces lots, pensés pour faciliter la tâche à tou·t·e·s, sont disponibles en trois « niveaux » de consommation : curieux, expert ou initié. Les plus complets sont accompagnés d’un livret pédagogique rassemblant un mode d’emploi des produits proposés, des conseils pratiques pour les utiliser ainsi que des infographies présentant l’impact humain et environnemental du passage au zéro déchet. Sans oublier les économies ainsi réalisées, un argument également très efficace, remarque Mathéa Pinot.

 

Les produits, commercialisés par des entreprises et associations de France et d’Europe fiables (comme par exemple Mode Estime), ont été comparés et testés au préalable. L’objectif est que les consommateurs·trices passent au zéro déchet pièce par pièce, et adoptent durablement des habitudes aussi respectueuses que possibles de l’environnement et de l’humain. 

 

Ethicall souhaite ainsi sortir ces modes de consommation d’un cercle d’initiés, ce qui nécessitera également un « travail d’information et de communication sur le long terme », explique Mathéa Pinot. La jeune entreprise organise à ce titre des ateliers de sensibilisation au zéro déchet auprès des bénéficiaires et des équipes d’Emmaüs Solidarité deux fois par mois. Les tawashis en tissu recyclés qui y ont été réalisés ont été inclus gratuitement dans les kits cuisine afin de donner de la visibilité à l’association, et les personnes ayant participé aux ateliers montrent ce qu’elles y ont appris lors des salons Emmaüs. Un début pour Ethicall, qui compte développer ses produits et ses actions dans le respect de ses valeurs.

 

Ce 18 octobre, elle a achevé une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank qui lui permettra d’optimiser son site internet ainsi que sa logistique, notamment concernant les livraisons. Mathéa Pinot nous a en effet expliqué être toujours à la recherche d’un transporteur acceptant de transporter les lots en bocaux sans les protéger d’un carton. Le but : qu’ils soient acheminés dans les grandes villes, puis livrés à domicile avec des triporteurs, à vélo ou par remise en main propre. 



 

[QUOI DE NEUF ?] Actualités et évènements de l’intérêt général (18-27 octobre)

[QUOI DE NEUF ?] Actualités et évènements de l’intérêt général (18-27 octobre)

Quels sont les temps forts de l’ESS, du mécénat et de la philanthropie ces prochains jours ? Carenews répertorie l’actualité solidaire, les conférences, les festivals, les journées mondiales, les appels à projets et remises de prix à noter dans son agenda.

 

 

 


 

Vendredi 18 octobre 2019

 

Pro Bono Day, journée nationale de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat et mécénat de compétences) organisée par Pro Bono Lab à Paris. Tables rondes, rencontres, talks et ateliers se dérouleront autour d’une conviction partagée : « le pro bono comme raison d’être ».

 

Challenge contre la faim organisé à Nantes par Action Contre la Faim.

 

Lancement de l’Heure solidaire, jusqu’au 27 octobre. Habitat et Humanisme invite chacun·e à donner (du temps, de l’argent) en faveur du logement et de l’insertion des personnes en situation de précarité.

 

Dimanche 20 octobre 2019

 

Dernier jour de l’exposition Coup de foudre à la Fondation EDF.

 

Fin de l’appel à projets de la Fondation Norauto « En route pour une mobilité plus sûre, durable et solidaire ». 

 

Dernier jour du TURFU Festival à Caen, festival gratuit et éclairé autour de l’innovation, de la créativité et du partage pour inventer et construire un futur durable.

 

Clôture de la France des solutions, semaine dédié au journalisme d’impact, avec Reporters d’Espoir et la participation de Carenews. 

 

Lundi 21 octobre 2019

 

Lancement de la Pro Bono Week, une semaine sur l’engagement par le partage de compétences (bénévolat et mécénat de compétences) orchestrée par Pro Bono Lab en France. 

 

Mardi 22 octobre 2019

 

Conférence organisée par SOL Alternatives Agroécologiques et Solidaires avec Vandana Shiva, à la Cité Fertile, à l’occasion de la sortie française du manifeste 1 %, reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches.

 

Vendredi 25 octobre 2019

 

Fin de l’appel à candidatures de la Fondation de France pour le Prix de la découverte poétique Simone de Carfort

 

Dimanche 27 octobre 2019

 

Fin de l’appel à projets de la Fondation Bouygues Telecom soutenir les initiatives solidaires des clients Bouygues Telecom dans leurs engagements associatifs.


 

UpCycle transforme les biodéchets des villes en fruits et légumes

UpCycle transforme les biodéchets des villes en fruits et légumes

[ON Y ÉTAIT] FNAF 2019 : vers une co-construction territoriale et innovante

[ON Y ÉTAIT] FNAF 2019 : vers une co-construction territoriale et innovante

La 14e édition du Forum national des associations et fondations (FNAF) était dédiée à la co-construction. Elle s’est appliquée à fournir des outils pratiques et des méthodologies concrètes aux professionnels de l’intérêt général. Gabriel Attal et Christophe Itier ont promis des engagements de l’État dès 2020 en faveur du secteur.

 

 


 

Pour sa 14e édition, le Forum national des associations et des fondations (FNAF) a de nouveau attiré plus de 5 000 personnes au Palais des Congrès, où 350 experts du secteur étaient rassemblés. La commissaire générale de l’événement, Sophie Rouxel, nous avait annoncé que compte tenu de la loi Pacte et de la réforme du mécénat, le sujet de la co-construction serait « particulièrement mis en avant ». Promesse tenue puisque le sujet a traversé toutes les conférences et les ateliers, du rôle économique de l’ESS à sa place dans l’innovation sociale. 

 

Une récupération des fonds dormants

 

C’est avec le nerf de la guerre que s’est ouvert la journée. Les freins au développement économique des associations étaient au cœur de la plénière d’ouverture, lors de laquelle Thierry Guillois, président de la Commission Juridique, Fiscale et Comptable du Haut Conseil à la vie associative (HCVA), ou encore Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif, ont déploré la fragilisation du modèle. D’où la nécessité d’une coalition, demandant des financements ainsi que des méthodologies adaptées. 

 

Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du Ministre de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse, a voulu rassurer les différents acteurs du secteur sur l’engagement de l’État en confirmant des annonces faites à La Croix quelques jours auparavant. Le gouvernement soutiendra Giving Tuesday, la journée dédiée au don le 3 décembre, et a prévu de réhausser le seuil d’assujettissement à l’impôt pour les activités lucratives des associations (de 63 000 € à 72 000 €) en 2020. Gabriel Attal a également indiqué avoir confié une mission au laboratoire de recherche le Rameau pour favoriser les alliances dans les territoires. Et il a provoqué de vives réactions dans la salle, qui s’est exclamée « enfin », en annonçant que le projet de loi de finances pour 2020 contenait un article attribuant les comptes dormants des associations inactives aux associations actives.

 

Les outils de la co-construction

 

Clarifier l’impact visé, formaliser sa mesure d’impact… Deux conférences ont été consacrées à l’évaluation et à la mesure d’impact, exposant différentes méthodologies en vue d’optimiser les objectifs de la démarche. À savoir tisser des liens entre les bénévoles et les collaborateurs en clarifiant les méthodes, mais aussi avec les bénéficiaires en s’intéressant de près à leurs besoins, en plus de montrer aux financeurs les effets de leur soutien. « L’évaluation, c’est d’abord un outil de partage, qui va vous permettre de partager un certain nombre de bonnes pratiques avec votre écosystème », a insisté Jérémy Lachal, directeur général de Bibliothèques Sans Frontières. 

 

La mutualisation de bonnes pratiques et d’outils concrets s’est de fait exercée efficacement lors de ce FNAF. Des ateliers ont notamment permis d’appréhender la réforme du mécénat et celle du plan comptable mise en œuvre le 1er janvier 2020. 

 

Innovation sociale : le plan de bataille

 

Une conférence dédiée aux Objectifs de développement durable (ODD) a mis en évidence que si les acteurs·trices du secteur les connaissent, peu les appliquent — un constat chiffré par le cabinet PwC dans sa récente étude sur le sujet. « Il y a une responsabilité du monde des associations et des fondations à se saisir de l’agenda 2030 », a souligné Henry De Cazotte, vice-président de 4D. La solution ? Une co-construction territoriale, plurielle : « Il faut soutenir l’innovation et l’expérimentation locale. Il y a une place pour faire des choses différentes, moins chères, plus intégrées, sans avoir à appliquer des règles identiques partout. »

 

Parmi les dispositifs de développement de l’ESS, Christophe Itier, le haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale, a mis en avant la plateforme ESS 2024. Et un objectif ambitieux : accompagner les acteurs du secteur pour réaliser les premiers Jeux Olympiques inclusifs et solidaires de l’histoire. La mission parlementaire devant rénover la philanthropie est également attendue au tournant ; le haut-commissaire veut en profiter pour « porter des propositions offensives »

 

Ce FNAF s‘est achevé avec une allocution du père du social business, Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006. Une façon de « finir sur une vision inspirante », selon Adrien De Crombrugghe, responsable des investissements dans les entreprises à impact social à la Banque des Territoires. Par ailleurs, des prix coups de cœur ont été décernés, et le premier prix du concours annuel du fonds de dotation Delsol Avocats (17 000 €) a été attribué à la Fondation Fourvière


 

 

[PODCAST] Samuel Grzybowski : «l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir»

[PODCAST] Samuel Grzybowski : «l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir»

Militant associatif et entrepreneur social, Samuel Grzybowski a fondé l’association Coexister ainsi que le cabinet de conseil Convivencia pour créer du lien social entre personnes issues de différentes confessions. Dans ce nouvel épisode du podcast Changer la norme, il revient sur son parcours et nous livre sans langue de bois sa vision de l’économie sociale et solidaire.

 

« Notre travail n’est jamais confessionnel, ni religieux. » Ce qui intéresse vraiment l'entrepreneur social de 27 ans Samuel Grzybowski, ce n’est pas le dialogue entre institutions religieuses, mais de créer du lien social entre personnes, au-delà de leurs convictions, de leurs origines et de leurs appartenances. En 2009, il a créé l’association Coexister, « mouvement qui essaye d’apprendre à mieux vivre ensemble en particulier dans la diversité de convictions qui caractérise un pays comme la France ». Ce dernier recense 3 000 membres actifs sous la devise « diversité de convictions, unité dans l’action».

 

Convivencia, un des rares cabinets de conseil sur le fait religieux 

 

Alors qu’un manager sur deux est confronté au fait religieux et qu’un sur quatre ne sait pas comment réagir, il crée Convivencia en 2015, un cabinet de conseil pour accompagner les structures – entreprises, associations, administrations – sur la prise en charge du fait religieux. Samuel Grzybowski raconte ainsi au micro de Flavie Deprez que Convivencia lui a permis de toucher de nouveaux publics et de financer l’association qui a également développé ses propres ressources. Malgré ses sept concurrents, le cabinet est leader sur son marché.

 

Mettre à fin à la confusion entre lucrativité et intérêt personnel

 

L’entrepreneur social se montre critique sur les évolutions législatives récentes, telles que la loi Pacte. Estimant que « l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir », il met en garde contre une hybridation trop poussée des statuts et plaide pour la création d’un « statut juridique nouveau qui arrête de mettre de la confusion entre lucrativité et intérêt personnel »

 

Envie d’en savoir plus sur le projet de Convivencia ? Écoutez le nouvel épisode du podcast Changer la norme par Carenews! 

Changer la norme est soutenu par la Fondation Entreprendre.

Les « Bienveilleurs », ces salariés de Bouygues en lutte contre le stress

Les « Bienveilleurs », ces salariés de Bouygues en lutte contre le stress

Ils prêtent une oreille attentive à leurs collègues pour les aider à gérer leur stress. Les « Bienveilleurs », ce sont des collaborateurs·trices de Bouygues Bâtiment Ile-de-France qui s’engagent sur la base du volontariat à recueillir les mots mais aussi les maux de leurs collègues. 

 

 

 

 

Libérer la parole des salarié·e·s sur leur stress

 

Ils sont 96 volontaires, des salarié·e·s sélectionné·e·s pour leur motivation à écouter leurs collègues. Surcharge de travail, problème avec un supérieur… Les « Bienveilleurs » se tiennent à la disposition de leurs collègues pour évoquer leur stress. L’initiative, mise en place par l’entreprise de BTP Bouygues Bâtiment Ile-de-France, vise à libérer la parole des salarié·e·s, pour qui il n’est pas toujours évident de s’adresser directement au responsable des ressources humaines, au médecin du travail ou aux managers.

 

Chacun·e peut donc se confier à ces « Bienveilleurs » par courriel, au téléphone ou en face-à-face. Parmi ces volontaires formés deux jours sur les risques psychosociaux par le cabinet Stimulus, tous les métiers et les échelons sont représentés afin de proposer une écoute adaptée aux 5 300 salarié·e·s de l’entreprise. 

 

Valérie Koïta, directrice Prévention Santé et Sécurité du groupe, a toutefois tenu à préciser au Parisien que « les Bienveilleurs ne se substituent pas aux réseaux de professionnels existants, ils sont une oreille complémentaire ». Tenus à la confidentialité, ils doivent, dans l’éventualité d’un cas grave, faire un signalement aux ressources humaines avec l’accord de la personne concernée. Les 96 volontaires peuvent par ailleurs partager leurs expériences lors de réunions bimestrielles. 

 

L’initiative, qui s’inspire des « sentinelles » au Québec, s’inscrit dans le cadre de Serenity, le programme de prévention du stress de Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Il comporte des conférences, des formations, un numéro vert et le fameux réseau de salarié·e·s aidant leurs collègues à lutter contre le stress.

 

Différentes sources de stress

 

Le dispositif des « Bienveilleurs » vient répondre à un constat notamment mis en évidence par un sondage de ViaVoice montrant que les trois quarts des actifs estiment que les relations humaines au travail se sont encore dégradées en 2019. Un diagnostic partagé par tous les secteurs d’activité et toutes les catégories socioprofessionnelles. 

 

Le même sondage montre toutefois que 73 % des personnes interrogées se disent prêtes à donner de leur temps pour développer des actions de convivialité et de bienveillance au sein de leur entreprise. Les « Bienveilleurs » assurent donc une écoute clé au sein de l’entreprise, mais peuvent-ils véritablement remédier au stress éprouvé par les salarié·e·s ?

 

L’Observatoire Stimulus de la santé psychologique au travail a montré en 2017 qu’un quart des salarié·e·s était en état d’hyperstress, dangereux pour leur santé. Les raisons ? Elles tiennent avant tout à la charge et l’organisation du travail ainsi qu’au management, plutôt qu’aux relations humaines. 

 

La CGT a précisément souhaité mettre en lumière les différentes sources de stress subies par les employé·e·s de Bouygues Bâtiment Ile-de-France : « Il y a les plannings à respecter, des cadences soutenues, les déplacements d'un chantier à un autre et des managers qui mettent la pression ». Le syndicat s’est montré sceptique sur l’efficacité du dispositif, compte tenu des « 500 projets en cours et 2 milliards de chiffre d'affaires par an ». 


 

Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs.


 

[EN BREF] Gabriel Attal confie une mission au Rameau sur la co-construction

[EN BREF] Gabriel Attal confie une mission au Rameau sur la co-construction

Le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal a confié une mission au laboratoire de recherche le Rameau pour favoriser les alliances dans les territoires.

Lors de son intervention au Forum National des Associations & Fondations (FNAF), le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal a annoncé qu’il venait de confier une mission au Rameau, laboratoire de recherche spécialisé sur les alliances innovantes au service du bien commun. « Avec les députés, nous allons travailler sur ‘comment faire alliance’, explique Charles-Benoît Heidsieck, le président fondateur du Rameau à Carenews. Il y a 15 jours à l’Assemblée nationale, nous rendions publique l’étude impact citoyen selon laquelle 80 % des Français attendent que les collectivités territoriales, les entreprises et les associations travaillent ensemble sur les fragilités de leurs territoires. Donc la question maintenant c’est : comment le faire concrètement ? ». Nous allons donc partir des travaux et des publications qui existent pour proposer un plan d’actions sur la manière de converger ensemble pour co-construire des réponses d’intérêt général avec les collectivités territoriales, les acteurs académiques, les entreprises, les associations, et les services de l’Etat ». Le Rameau, qui doit désormais former son comité de pilotage, espère rendre son rapport d’ici la fin de l’année. 

Vigne de Cocagne, la première structure d'insertion par la viticulture

Vigne de Cocagne, la première structure d'insertion par la viticulture

Boire du vin rouge ou du rosé en respectant la planète et de façon solidaire, c’est possible avec Vigne de Cocagne. Première structure d’insertion par la viticulture, elle s’est installée dans l’Hérault en tant que société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Plusieurs prix ont déjà récompensé sa démarche et son éthique.

 

 

 

 

La viticulture comme remède au chômage

 

C’est sur un domaine abandonné destiné à devenir un centre de traitement des déchets qu’une ancienne d’Areva a implanté une exploitation sociale et solidaire innovante. Demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, jeunes en difficulté… Réinsérer des personnes dans le monde professionnel à travers la viticulture s’est imposé à l’entrepreneuse Pauline Chatin « pour redonner confiance, espoir, envie, car c’est un métier qui a du sens », a-t-elle expliqué au MMMag

 

Le choix de l’Hérault fut également évident : le département déplore un taux de chômage élevé — 17,7 % en 2016 pour les 15-64 ans selon l’Insee —, tout en étant le leader de la production vinicole de l’Occitanie, premier bassin de production française. Pauline Chatin a pu constater d’elle-même les besoins considérables du secteur en ouvriers viticoles.

 

La rencontre avec les équipes du réseau Cocagne, qui développe des exploitations maraîchères biologiques à vocation d’insertion sociale et professionnelle, a scellé l’affaire. Pauline Chatin a commencé l’aventure de Vigne de Cocagne fin 2017 sur 7 hectares du domaine de Mirabeau, un agroécopôle conçu pour accueillir des projets agricoles éco-responsables. 

 

Un vin 100 % solidaire

 

Le but de la Vigne de Cocagne : proposer un vin bio, local et solidaire. Un parcours d’insertion et de formation à la viticulture sur deux ans est proposé à trois personnes jusque-là éloignées de l’emploi. Elles contribuent à produire le vin de façon artisanale et sans désherbants ni pesticides, dans cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui se veut sociale et solidaire.  

 

Trois cuvées, un rosé et deux rouges, sont d’ores et déjà proposés à la vente sur le domaine, dans des boutiques de la région montpelliéraine et à Paris ainsi que dans des magasins Biocoop. Pour diversifier ses cuvées, Vigne de Cocagne replante 5 hectares de vignes supplémentaires qui devraient être exploitables dans les prochaines années. A partir de 2020, ses vins seront par ailleurs certifiés « Agriculture Biologique », les vignes étant en conversion depuis la reprise du domaine par la jeune société.

 

Le domaine de Mirabeau est également amené à se développer : Vigne de Cocagne partagera bientôt les lieux avec un maraîcher, un éleveur et une brasserie artisanale qui créeront des espaces de socialisation — des ateliers pédagogiques, une boutique paysanne ainsi qu’une guinguette estivale. Ces nouveaux arrivants rejoindront un projet qui fait déjà figure de modèle du haut de ses deux ans d’existence. 

 

Vigne de Cocagne a ainsi fait partie des gagnants 2017 de La Fabrique Aviva récompensant les « idées entrepreneuriales à la fois utiles et innovantes », et reçu une dotation de 50 000 euros. La société a également obtenu le « Prix de l’Inspiration en ESS » 2019 de la Fondation Crédit Coopératif. Les 4 500 euros reçus aideront à financer l’expansion de la surface d’exploitation en vue de créer de nouveaux emplois.  


Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs. 

Photo © Cyril Badet

 

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

Pour changer le regard du grand public sur la dépression, la Fondation FondaMental a lancé, en partenariat avec la Fnapsy, sa campagne « Le petit passage à vide ». Elle montre avec un humour noir qu’il s’agit d’une maladie, qui peut avoir des conséquences graves si elle n’est pas prise au sérieux.

 

#LaDépressionCestDuSérieux

Besoin d’une transplantation cardiaque ? « Un peu de sport et ça ira beaucoup mieux ! » Un cancer des poumons ? « Le mieux dans ces cas-là c’est de plus y penser, d’aller respirer le grand air. » Une dépression ? « C’est juste un passage à vide (...). Faut essayer de vous distraire. » Le spot lancé par la Fondation FondaMental, fondation dédiée aux maladies mentales, en partenariat avec la Fédération Nationale des Association d'Usagers en Psychiatrie (Fnapsy), joue sur les registres de la comédie et du drame pour changer le regard du grand public sur la dépression. On y voit des professionnels de la santé minimiser les graves maladies dont leurs patient·e·s sont atteint·e·s. Un procédé humoristique pour  souligner, à l’opposé, combien il s’agit d’une maladie sérieuse qui peut avoir des conséquences dramatiques sans prise en charge adaptée.

Cette campagne a été imaginée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale le 10 octobre par l’agence allemande Serviceplan Health & Life, et soutenue par le groupe de protection sociale Klesia et la Fondation genevoise ROGER DE SPOELBERCH, dédiée à la recherche des maladies neuro-dégénératives et de certaines maladies psychiatriques. Le spot de sensibilisation est accompagné du hashtag « #LaDépressionCestDuSérieux » pour diffuser le message de la campagne sur les réseaux sociaux.

La maladie psychiatrique la plus courante en France

Manque de volonté, trait de caractère, coup de blues... Les idées reçues sur la dépression ont la vie dure dans l’imaginaire collectif. « Très peu [de personnes] ont conscience de l’enfer vécu par le malade, de l’annihilation totale de la volonté, de la disparition de tout espoir, de la terrible culpabilité qui nous tenaille », souligne Claude Finkelstein, présidente de la Fnapsy, dans son communiqué. 

La dépression est pourtant la maladie psychiatrique la plus courante en France, avec 2,5 millions de personnes atteintes. Selon l’Inserm, 1 personne sur 5 a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Pourtant, la moitié des dépressions majeures ne sont pas traitées d’après l’Organisation mondiale de la santé, et environ 70 % des suicides sont imputables à cette maladie chaque année. 

Chemins d'avenirs, du mentorat pour les jeunes issus de la ruralité

Chemins d'avenirs, du mentorat pour les jeunes issus de la ruralité

L’association Chemins d’avenirs est la première structure en France à proposer à des collégiens, des lycéens et des étudiants issus de la ruralité de bénéficier de l’accompagnement d’un parrain issu d'un autre territoire. Et ce indépendamment de leurs résultats scolaires et de critères sociaux.

 

À l’origine de Chemins d’avenirs, il y a Salomé Berlioux. Hypokhâgne au lycée Fénelon à Paris, master Affaires publiques à Sciences Po, stage à l’Elysée, master à la Sorbonne et Normale Sup’, jusqu’à devenir conseillère et plume de Jean-Marc Ayrault… Le parcours de cette femme de 30 ans a de quoi en faire rêver plus d’un. Mais Salomé Berlioux aime à rappeler les obstacles qu'elle a rencontrés sur son chemin. Fille de comédiens et élevée par un beau-père infirmier et ostéopathe, elle grandit à Neure, dans l’Allier, un hameau d’une centaine d’habitants. Adolescente, elle ne s’imaginait pas du tout intégrer une grande école. Mais avec le temps, Salomé Berlioux a développé une conviction : au-delà des déterminismes sociaux existent des déterminismes géographiques. À classe sociale équivalente, un jeune issu des zones rurales ne bénéficiera pas des mêmes opportunités qu’un jeune urbain.

Dans le manifeste « Les Invisibles de la République », Salomé Berlioux détaille la mécanique complexe des inégalités territoriales que subissent ces millions de jeunes Français. Dans les campagnes ou les petites villes périphériques, moins dotées en infrastructures et en opportunités, il est souvent plus compliqué d’accéder à l’information permettant de s’orienter scolairement et professionnellement. Il y a aussi la question de l’autocensure : trop de jeunes issus de ces territoires ne s’autorisent pas à poursuivre des études qui leur correspondent, notamment lorsqu’elles se trouvent dans de grandes métropoles. Enfin, les jeunes des périphéries ne maîtrisent pas toujours les codes leur permettant de trouver leur voie. Par exemple, savoir qu’effectuer des stages, s’engager dans une association ou voyager constituent des atouts valorisables lors d'entretiens ou pour rechercher un emploi. 

Des filleuls sélectionnés sur leur détermination

En 2016, Salomé Berlioux a donc décidé de créer Chemins d'avenirs. L’association, en plein développement, met en relation des parrains — actifs de 25 à 65 ans désireux de faire bénéficier de leur expérience — et des collégiens, lycéens ou étudiants motivés pour être accompagnés dans leur orientation. Initialement centrée sur l’académie de Clermont-Ferrand et une centaine de filleuls, l’association formera 1000 duos de jeunes et de parrains dans 7 académies pour l’année scolaire en cours. Les actifs leur consacrent deux heures par mois à distance, pendant 18 mois. 

Les jeunes sont avant tout choisis pour leur détermination, l’objectif n’étant pas de les pousser vers de longues études à tout prix : « Chemins d'avenirs n’est pas une initiative élitiste. Nous travaillons à révéler le potentiel de nos filleuls : certains veulent reprendre la ferme de leurs parents, et d’autres devenir diplomates. Je préfère le terme d’aspiration à celui d’ambition », nous explique Salomé Berlioux, convaincue que cette jeunesse recèle d’immenses potentialités qui n’attendent que d’être révélées. 

France Bleu relate ainsi le parcours d’Angèle, 19 ans, originaire de Bourbon-l'Archambault dans l'Allier, qui a été accompagnée par Laurence, une marraine de l’association. « On a pu travailler sur ce que j'aimais vraiment, sur ce que je voulais faire, et surtout recentrer mes choix », raconte l’étudiante. Grâce aux conseils de Laurence, Angèle a intégré une classe préparatoire à l'Estaca, une prestigieuse école d'ingénieurs spécialisée en transports et en aéronautique. De son côté, Laurence s’est aussi épanouie en tant que mentor : « Grâce à Angèle, je me sens utile », confie-t-elle. Et puis on ressent en ce moment beaucoup la fracture sociale, avec le mouvement des gilets jaunes. Cette fracture sociale est terrible. Avec des actions comme celle de l’association, on peut essayer de remettre de la cohésion sociale dans le pays. » 

Vers une réponse politique

Ce projet, qui repose essentiellement sur l’engagement bénévole de ses parrains et de ses marraines est-il amené à essaimer partout en France ? Pour l’instant, grâce au bouche-à-oreille entre bénévoles et à la médiatisation de l’association, 700 candidatures spontannées de parrains ont été reçues l’année dernière. « Notre projet répond à un véritable enjeu de reconstruction du lien social et de reconnexion des territoires, qui dépasse la seule question de l’égalité des chances », explique Salomé Berlioux. En complément du mentorat, l’association a développé des programmes : coaching sur la confiance en soi, entraînement à la prise de parole en public, aides à la mobilité, soutien spécifique aux filles, accès à des offres de stages, sorties culturelles, etc. 

D’ici à 2024, l’association espère être présente dans tous les territoires ruraux, pouvoir compter sur un modèle économique solide et, surtout, susciter une réponse politique au plus haut niveau. Et c’est en bonne voie : le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a missionné Salomé Berlioux pour réfléchir sur « l’orientation et l’égalité des chances dans les zones rurales et les petites villes » et rendre ses conclusions début 2020. Pour elle, il est temps que l’État se saisisse de la question, en partenariat avec les associations, les entreprises et tous les acteurs concernés. Elle l’assure, déterminée : « Je ne serai satisfaite que quand il y aura un dispositif à la hauteur de l’enjeu »

 

Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs. 

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