[LU] Les entreprises françaises manquent de vigilance sur les droits de l’Homme

[LU] Les entreprises françaises manquent de vigilance sur les droits de l’Homme
Les grandes entreprises françaises ne seraient pas assez vigilantes sur le respect des droits humains. C’est ce qu’affirment des ONG qui ont réalisé un bilan de la première année d’application de la loi dite du « Rana Plaza », relayé par Le Figaro. Cette loi oblige les sociétés de plus de 5 000 salariés en France à établir un plan de vigilance répertoriant les risques liés aux droits fondamentaux chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l’étranger.


Des plans de vigilance « largement insuffisants »

 

Adoptée en 2017, cette législation avait pour objectif d’éviter des drames tels celui du Rana Plaza au Bangladesh, où un immeuble qui abritait des ateliers de confections pour plusieurs grandes marques occidentales s’était effondré, faisant plus de 1 000 morts et 2 500 blessés.  

 

Les premiers plans de vigilance présentés en 2018 sont jugés « incomplets et même parfois inexistants », selon un communiqué commun publié par Action Aid, Les Amis de la Terre, Amnesty International, CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Ethique sur l'étiquette et Sherpa.  En effet, certaines entreprises, comme Lactalis et Crédit Agricole, n’ont toujours pas publié de plan.

 

Des manquements dans les secteurs à risque

 

Les ONG ont analysé 80 plans, et se sont notamment penchées sur ceux de grandes sociétés oeuvrant dans des secteurs qu’elles considèrent « particulièrement à risque » en termes d’atteinte aux droits de l’homme et à l’environnement, comme les industries extractives, l'armement, le textile, l'agroalimentaire ou encore la finance.

 

Elles déplorent ainsi « d'importants manquements au niveau des cartographies des risques » chez des entreprises comme Danone, Dassault Aviation, Total, BNP Paribas et Carrefour. Selon les ONG, les sociétés accordent plus d’importance aux risques pour elles-mêmes et leurs investisseurs, au détriment de ceux des travailleurs, des populations et de l’environnement.

 

Face à ce constat, les associations demandent au gouvernement « d’assurer un réel suivi de l’application de la loi » et de faire en sorte que celle-ci vise davantage d’entreprises. Elles souhaiteraient aussi une mobilisation de la France pour faire adopter en Europe et dans le monde des réglementations plus contraignantes pour les multinationales.

 

Lire l’article « Les sociétés pas assez vigilantes sur le respect des droits de l'homme », paru dans le Figaro le 21 février 2019.

 

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