[EN IMAGES] « Les harceleurs, j’en ai plein le dos » : stop aux agressions !

[EN IMAGES] « Les harceleurs, j’en ai plein le dos » : stop aux agressions !
À la suite d’une agression dans le métro, Anaïs Leleux ne trouve pas d’aide efficace auprès des dispositifs mis en place par la RATP. Pour sensibiliser au harcèlement sexuel dans les transports en commun et interpeller la RATP, Anaïs Leleux, membre du collectif « Nous Toutes » a lancé le 23 avril 2019 plusieurs initiatives. Au programme : une réadaptation de la chanson engagée de Angèle avec « Balance ta rame », chantée sur les ligne 5 et 1 du métro parisien suivie d’une manifestation devant le siège de la RATP à Bercy. Et pour couronner le tout, une campagne #BalanceTonMétro a été lancée sur le réseau social Twitter. Carenews revient sur cet évènement.


 

« J’ai ai été agressée sexuellement à Paris il y a 3 semaines. En sortant du métro, j’en parle immédiatement à un agent de la RATP qui me conseille de porter plainte sinon l’agresseur recommencera. Or, aujourd’hui il n’y a que 10 % des victimes qui portent plainte et parmi les plaintes déposées, 10 % aboutissent à un procès », raconte Anaïs Leleux qui reproche à la RATP son manque d’implication pour mettre en place des actions efficaces face à ce fléau.

 

Dénoncer un système qui ne pénalise pas les agresseurs

 

« Il est important de ne pas culpabiliser les victimes, mais l’agresseur. On voudrait me faire croire que si ce gars recommence, c’est de ma faute. C’est tout simplement un prédateur qui se moque du consentement des femmes », complète-t-elle se souvenant de ses échanges avec cet agent de la RATP après l’agression. Dans 20 Minutes, elle précise avoir essayé d’appeler via une borne d’appel, sans succès.

 

Cette membre du collectif « Nous Toutes », un collectif féministe créé en juillet 2018 avec l’idée d’en finir avec les violences faites aux femmes a  refusé d’appeler le 3117, une ligne qui permet de signaler rapidement un danger se déroulant à bord d’un train ou d’une gare. « Cette ligne pose problème, car c’est une ligne générale et les agents ne sont pas formés à accompagner des personnes victimes d’agressions. Il faudrait une ligne spécifique en capacité d’accueillir la parole des victimes », argumente-t-elle.

 

Sensibiliser au harcèlement sexuel dans les transports

 

À la suite de cet évènement, avec certaines de ses amies également concernées par ce problème, elles décide d’interpeller les usagères et usagers le 23 avril 2019. Avec le mot « proie » inscrit sur leur front, elles se rassemblent au métro Filles du Calvaire et réécrivent la chanson engagée de Angèle Balance ton quoi avec “Balance ta rame” et des paroles comme : « Ils nous demandent nos numéros, nos noms, adresses et trucs persos. Font parfois des bruits d’animaux, pour peu, on se croirait au zoo. Nous lâchent que si on a un mec, donc on leur invente des disquettes. On voudrait juste avoir la paix, est-ce que c’est vraiment trop demander ? Balance ta rame ! ».

 

Sur la ligne 5, puis la ligne 1, le groupe de cinq filles se déplace en chantant jusqu’au siège de la RATP à Bercy. Une fois, sur place, des échanges ont pu avoir lieu avec les chauffeurs et la responsable communication du Groupe qui estime faire le nécessaire, selon les propos recueillis par Anaïs Leleux . « Vous avez raison de le faire. Des signalements comme le vôtre, j’en ai tous les jours », raconte l’un des chauffeurs. « La RATP a une obligation de résultat en tant que transporteur ; celui de garantir la sécurité des usagers. Ces agressions ne devraient pas arriver », précise Anaïs.

 

Pour sensibiliser un maximum de personnes, une série de visuels détournant les noms des métros parisiens a été créée dans le cadre de la campagne #BalanceTonMétro. On peut y lire : « Quatre Septembre / Harcelées comme les autres jours de l'année » en passant par « Bienvenue à Pervers Lachaise ». Toutes les femmes victimes d’agressions étaient invitées à réagir sur twitter. « Il y a eu beaucoup de témoignages de jeunes filles mineures », souligne Anaïs avant de conclure que « la manque d’éducation en France sur les questions de consentement reste la source du problème. C’est un travail de pédagogie à faire ! »


 

 

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