[ENTRETIEN]DAVID SUSSMANN, de Seafoodia à la création de la fondation Pure Ocean

[ENTRETIEN]DAVID SUSSMANN, de Seafoodia à la création de la fondation Pure Ocean
Entrepreneur dans l’âme David Sussmann a créé seul son entreprise qui compte désormais une cinquantaine de salariés. En créant Pure Océan c’est toute une filière industrielle qu’il veut entraîner dans le financement de projets innovants pour protéger les océans. En y associant les centres de recherche et les usagers de la mer.


 

Pouvez-vous nous raconter la naissance de Seafoodia ?

À seize ans en 1987 j’étais déjà décidé à devenir entrepreneur, en grande partie grâce à l’un de mes professeurs d’économie. J’aimais beaucoup les voyages et à dix-huit ans j’avais déjà créé une entreprise qui vendait des produits à l’international. J’ai ensuite repris des études de commerce. Je me suis beaucoup impliqué dans la vie estudiantine à Aix, en particulier en créant la fédération des étudiants pour les accompagner dans leur vie quotidienne. J’avais alors deux passions : les médias et la communication. Puis en 1993 je suis parti aux États-Unis pour entreprendre un MBA en finance et marketing. Et je me suis à nouveau lancé dans le commerce international après avoir rencontré à Boston un importateur des produits de la mer que j’appellerais plutôt « les merveilles des océans ». C’était un challenge personnel lancé le 1er avril 1996 dans une industrie au croisement de ce qui me plaisait et promise à un fort développement à l’international ! À l’époque j’étais très influencé par Antoine Riboud. C’était un domaine complexe avec de très fortes relations humaines et un vrai savoir-faire.

J’ai donc accompagné des pêcheries canadiennes dans leur développement en cherchant des opportunités à l’international. En commençant par le Japon, la Chine, la Russie pour leur trouver des clients dans le monde entier.

Et la société a très vite connu une croissance à deux chiffres. Peu à peu j’ai été sensibilisé aux problématiques de la pêche et du climat. Il y a vingt ans,on parlait seulement de la pollution ou de surpêche, mais dix ans plus tard les choses ont changé et je me suis dit « dès que je peux je fais quelque chose ».

 

Comment l’idée du lancement de Pure Ocean est-elle venue ?

Après la crise de 2008/2009, la société a pris un virage et nous avons développé le concept d’entreprise humaniste. C’était le début d’une politique HH (Human Hapiness) visant à prendre davantage soin des collaborateurs… puis de la planète. À partir de là nous avons compris que les objectifs de chiffre d’affaires n’étaient plus suffisants, mais que des axes nouveaux comme la co-construction, la liberté et la responsabilité étaient générateurs de bonheur et de performance. Puis nous avons eu envie d’aller plus loin en nous impliquant dans des actions locales et du mécénat avec la volonté d’agir sur l’état des océans pour changer le monde.

Nous sommes passés du concept d’entreprise innovante à celui d’entreprise engagée dans un Plan de Responsabilité (c’est notre RSE). 

Convaincus que les actions de mécénat ne devaient pas être réservées aux entreprises du CAC40 nous venons de lancer la fondation Pure Océan.

J’ai toujours été passionné par la nature et les océans (je nage, je plonge, je navigue). J’ai toujours été convaincu qu’une meilleure santé des hommes passera par de meilleurs produits. Chez Seafoodia nous étions déjà engagés dans la pêche durable. Avec la fondation nous souhaitons lever dans un premier temps 1 million d’euros pour financer des projets innovants qui permettront de préserver les écosystèmes fragiles et la biodiversité. En entraînant les acteurs de la filière afin que Pure Océan devienne le lieu de mobilisation des intervenants pour faciliter les échanges dans notre industrie. Il est ainsi prévu en avril 2018 un sommet Pure Ocean qui réunira chercheurs et acteurs économiques des produits de la mer, en marge du Seafood Expo de Bruxelles. Et pour sensibiliser le grand public, des évènements médiatiques seront organisés comme des courses de natation relayées sur le net. 

Un comité scientifique en cours de constitution (François Gaill, Gilles Boeuf, Fabien Gilot auxquels se joindront trois scientifiques étrangers, un américain, un norvégien, un indien) étudiera et sélectionnera les projets sur trois critères: co-construction, engagement, innovation et impact environnemental. 

Le premier appel à projets sera lancé au premier trimestre 2018.

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